En bref : la période Muromachi (1336-1573) est celle où le sabre porté à la ceinture lame vers le haut, l'uchigatana, s'impose face au tachi. Les guerres presque continues stimulent une production massive de lames. C'est de cette époque que date la silhouette du katana telle qu'on la connaît. Les écoles de Bizen, de Mino et de Yamato s'y distinguent.
Que représente la période Muromachi pour le katana ?
La période Muromachi s'ouvre avec l'arrivée au pouvoir des shoguns Ashikaga, en 1336, et s'achève en 1573. Elle comprend une phase de guerres entre cours rivales, puis de longues décennies de conflits entre seigneurs, jusqu'à ce qu'on appelle la période des provinces en guerre. Les combats se font de plus en plus à pied et en grand nombre, ce qui change les armes.
Dans ce contexte, la demande de lames explose. Certains forgerons produisent des sabres de grande qualité pour les chefs, d'autres des lames en nombre pour équiper des troupes entières. C'est une période de transition plus qu'un âge d'or uniforme.
Les pièces évoquées ici se trouvent dans la collection katana japonais : 199 modèles, de 190 € à 2 650 €.
Du tachi à l'uchigatana : qu'est-ce qui change ?
Le tachi est un sabre long et courbe, suspendu à la ceinture lame vers le bas, conçu à l'origine pour le combat à cheval. L'uchigatana se glisse dans la ceinture, lame vers le haut, ce qui permet de dégainer et de frapper d'un seul geste, y compris à pied. Avec l'évolution des combats, cette manière de porter s'impose.
| Critère | Tachi | Uchigatana |
|---|---|---|
| Port | Suspendu, lame vers le bas | Glissé dans la ceinture, lame vers le haut |
| Contexte | Combat à cheval, cérémonie | Combat à pied, usage courant |
| Courbure | Plus marquée | Plus modérée |
C'est cette seconde forme qui donne naissance à ce que l'on appelle aujourd'hui le katana. Pour la suite de l'histoire, le guide sur l'histoire du katana couvre les périodes précédentes et suivantes.
Quelles écoles de forge se distinguent ?
Les historiens du sabre regroupent les lames anciennes par grandes traditions régionales. Trois sont souvent citées pour l'époque Muromachi.
- Bizen (région d'Okayama) : très grande production, hamon souvent ondulé en « clous de girofle », le choji.
- Mino (région de Gifu) : lames pour guerriers, avec un hamon en pics réguliers, le sanbon-sugi, que l'on associe à certains forgerons de la région.
- Yamato (région de Nara) : tradition ancienne, hamon plus droit, le suguha, et surface au grain marqué.
La tradition de Sōshū, liée à Kamakura, est plus ancienne : elle est associée à un hamon ample et vivant. Ses codes continuent à influencer les forgerons de l'époque suivante. Notre guide du hamon détaille ces dessins.

Qui était Masamune ?
Masamune est un forgeron légendaire de la tradition de Sōshū, actif à la charnière des périodes Kamakura et Nanboku-chō, soit au début du XIVe siècle. On connaît mal les détails de sa vie, et les attributions de lames font l'objet de débats. Plusieurs lames qui lui sont attribuées sont classées comme trésors au Japon, et son nom est devenu synonyme de grande forge. Il n'appartient donc pas à la période Muromachi proprement dite, mais il pèse sur l'idée qu'on se fait de l'excellence.
Que sait-on de la fabrication à cette époque ?
Les forgerons de l'époque travaillent le tamahagane, l'acier japonais obtenu dans un four appelé tatara. Ils le trient, le forgent, le plient pour l'homogénéiser, puis le trempent avec une argile appliquée de façon différentielle, ce qui crée le hamon. Les lames de très grande qualité côtoient des productions beaucoup plus simples, faites pour équiper rapidement des armées. Notre guide du san mai explique l'une des constructions de lames utilisées pour allier dureté et souplesse.
Peut-on posséder un katana Muromachi aujourd'hui ?
Pour une lame de la période Muromachi, katana compris, il faut passer par le marché des sabres anciens. Ces lames circulent chez des spécialistes, mais ce sont des objets de collection exigeants. Leur origine et leur état de conservation s'évaluent par des experts, et la réglementation de chaque pays encadre leur circulation. Pour la plupart des amateurs, la voie la plus simple consiste à choisir une pièce moderne de style japonais, de la collection de katanas. Ces pièces s'inspirent de la silhouette historique ; elles ne prétendent pas en être des copies d'époque.

Pourquoi cette période compte-t-elle pour les collectionneurs ?
Parce qu'elle fixe les repères dont on se sert encore pour parler d'un sabre : la manière de le porter, la courbure, la longueur courante de lame, le vocabulaire du hamon. Quand une fiche évoque un hamon de type choji ou un style inspiré de Bizen ou de Mino, elle renvoie à ces traditions régionales. Savoir les reconnaître aide à lire une fiche, à comparer deux pièces et à repérer un décor qui n'a pas de sens.
Cela dit, il ne faut pas tout rapporter à Muromachi. Les lames de cette époque sont très diverses, et leur réputation dépend autant du forgeron que de la région. Mieux vaut y voir des repères de lecture qu'un classement.
Quels vocabulaires retenir en lisant une fiche ?
Quelques mots reviennent souvent : le hamon, ligne de trempe ; le jihada, grain de la surface ; la tsuka, la poignée ; la tsuba, la garde ; le saya, le fourreau ; le habaki, la bague qui cale la lame. Ils suffisent pour comprendre la plupart des fiches et pour poser les bonnes questions à la boutique avant d'acheter une pièce de style japonais.
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Période Muromachi, katana et écoles : que retenir ?
La période Muromachi n'invente pas le sabre japonais, mais elle fixe l'usage et la silhouette du katana. Elle donne aussi son lot de grandes écoles régionales, qui continuent d'inspirer les styles de hamon et de lame que l'on admire aujourd'hui. En France, l'achat de sabres modernes est réservé aux majeurs, et le transport exige un motif légitime et un étui fermé.











