En bref : Le kendo, « voie du sabre », est un art martial et un sport japonais pratiqué avec un sabre de bambou, le shinai, et une armure légère, le bōgu. On y marque des points en frappant des zones précises du corps de l'adversaire. Il descend du kenjutsu, mais il ne se pratique pas avec un katana : ni lame ni sabre d'acier ne sont utilisés.
D'où vient le kendo ?
Le kendo hérite de l'escrime des samouraïs, le kenjutsu. Pendant la longue paix de l'époque d'Edo, les écoles de sabre cherchent des méthodes d'entraînement moins dangereuses que les katas à lame nue. Au XVIIIe siècle, des maîtres adoptent le shinai de bambou et l'armure de protection, ce qui permet de s'affronter pleinement sans blessure grave. Les combats libres, shiai, se répandent alors dans les dojos.
Après la restauration de Meiji, l'interdiction du port du sabre (édit Haitōrei de 1876) pousse l'escrime à se transformer. Au XXe siècle, la pratique est intégrée à l'éducation, le terme kendō s'impose, et une fédération nationale voit le jour. Interdit un temps après 1945, le kendo est repris dans une forme sportive, et la fédération internationale (FIK) est fondée en 1970.
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Comment se déroule un combat de kendo ?
Deux pratiquants s'affrontent sur une aire délimitée, devant trois arbitres. Pour qu'un point (ippon) soit accordé, la frappe doit être portée avec le bon endroit du shinai (le tiers supérieur), sur une cible valide, avec une posture correcte, un cri vigoureux (kiai) et une attitude maintenue après le coup (zanshin). Une simple touche ne suffit pas.
Les cibles valides sont limitées :
- Men : le sommet ou les côtés du casque ;
- Kote : le poignet protégé ;
- Dō : le flanc, protégé par le plastron ;
- Tsuki : l'estoc à la gorge, réservé aux pratiquants expérimentés.
Un match se joue habituellement en trois points sur un temps limité, le premier à marquer deux points l'emporte. La durée et les modalités peuvent varier selon la compétition.
Quel équipement faut-il pour pratiquer ?
| Élément | Rôle |
|---|---|
| Shinai | Sabre de bambou composé de quatre lattes, avec un manche en cuir et une pointe protégée |
| Men | Casque à grille de métal, avec des protections de nuque et d'épaules |
| Kote | Gants épais protégeant les mains et les poignets |
| Dō | Plastron protégeant le torse |
| Tare | Tablier de protection des hanches et de l'abdomen |
| Keikogi et hakama | Veste et large pantalon plissé, portés sous l'armure |
Les débutants commencent presque toujours avec un shinai et la tenue, puis acquièrent l'armure après quelques mois, quand le club leur recommande de passer à l'étape suivante. Il vaut mieux demander conseil au club avant d'acheter, car les tailles et les qualités varient beaucoup.

Comment fonctionnent les grades ?
Le système repose sur des grades kyū, en ordre décroissant (du sixième au premier) puis sur les dan, du premier au huitième. Les passages de grade se font devant un jury, sur une démonstration et, selon le niveau, sur des katas. Des délais minimums séparent chaque grade, qui rendent la progression lente et régulière. Le titre de maître, ou sensei, relève de la reconnaissance d'un enseignant et pas d'un grade précis.
Quelle est la différence avec iaidō et kenjutsu ?
| Discipline | Arme | Pratique |
|---|---|---|
| Kendo | Shinai de bambou | Combat libre en armure, par frappes à pleine intensité |
| Iaidō | Sabre à lame, souvent non affûtée (iaitō) | Dégainer, trancher, ranger, en katas solitaires |
| Kenjutsu | Bokken ou sabre selon l'école | Katas à deux, selon une école traditionnelle (ryū) |
Le kendo, sport d'affrontement, se distingue donc de l'iaidō, qui se pratique seul, et du kenjutsu, qui travaille par formes à deux. Si le dégainer vous attire davantage, notre guide de l'iaidō détaille cette voie, et l'article bokken et iaitō présente les sabres d'entraînement.

Le kendo se pratique-t-il avec un katana ?
Non. Aucun katana, affûté ou non, n'intervient dans le kendo. L'entraînement se fait avec le shinai, parfois avec un bokken pour les katas du nihon kendō kata. Pour la collection ou l'exposition d'un sabre à lame, la collection de katanas propose des modèles de style japonais, mais ce n'est pas du matériel de kendo.
À quoi ressemble une séance type ?
Un entraînement commence par un salut collectif (rei) et un échauffement, puis par les suburi, coupes répétées dans le vide pour fixer la posture et le déplacement. Viennent ensuite les kihon, exercices de base à deux, puis les waza, techniques d'attaque et de riposte. La fin de séance est souvent consacrée au jigeiko, combat libre sans arbitre, où l'on cherche à progresser plus qu'à gagner. Tout se termine par un nouveau salut.
Cette étiquette n'est pas décorative : le kendo insiste sur le respect de l'adversaire, sur le contrôle de soi et sur la qualité de l'attitude, au même titre que sur la touche. C'est ce qui le distingue d'un simple jeu de frappe.
Dans le même dossier, lisez aussi Tameshigiri : l'art de la coupe d'essai au sabre japonais, Katana le plus cher du monde : ventes, trésors et mythes et Histoire du katana japonais : des origines à nos jours.

Comment débuter en France ?
La pratique s'organise autour de clubs affiliés à une fédération nationale de kendo, souvent regroupés avec d'autres disciplines japonaises. Le plus simple consiste à chercher un club proche de chez vous, puis à assister à un cours d'essai. La plupart proposent de prêter un shinai pendant les premières séances et acceptent des tenues simples au début.
- Choisissez un club avec un enseignant gradé et des séances régulières.
- Prévoyez quelques semaines de pratique sans armure : déplacements, saluts, coupes à vide.
- Attendez les conseils du professeur avant d'acheter du matériel.
- Comptez plusieurs années avant de maîtriser les bases : le kendo se construit sur la répétition.











