En bref : le tachi est le grand sabre des guerriers des époques Heian et Kamakura : il se porte suspendu à la ceinture, tranchant vers le bas. Le katana, héritier de l'uchigatana, se glisse dans la ceinture tranchant vers le haut et s'impose à l'époque Muromachi. Les lames se ressemblent beaucoup ; ce qui les distingue d'abord, c'est la façon de les porter, puis la monture et, souvent, la courbure.
Qu'appelle-t-on un tachi ?
Le mot tachi (太刀) désigne le long sabre courbe des guerriers à cheval, apparu à la fin de l'époque Heian. Précisons d'emblée qu'il s'agit ici du sabre, et non des mangas ou des personnages qui portent le même nom. Le tachi se suspend à la ceinture par deux attaches fixées au fourreau, les ashi, reliées à un cordon ou à une courroie. La lame pend alors le long de la hanche gauche, tranchant tourné vers le sol.
C'est un sabre de cavalier en armure. Porté ainsi, il reste dégagé de la selle et des plaques de l'armure, et sa monture, souvent riche en garnitures métalliques, affiche le rang de son propriétaire.
Les pièces évoquées ici se trouvent dans la collection katana japonais : 199 modèles, de 190 € à 2 650 €.
D'où vient le katana, et pourquoi a-t-il pris la place du tachi ?
À côté du tachi existait un sabre plus simple, glissé directement dans la ceinture : l'uchigatana. Avec la place croissante des combats à pied à l'époque Muromachi (1336-1573), ce mode de port l'emporte. Tranchant vers le haut, la lame sort du fourreau et frappe dans le même mouvement, ce qui convient au combat rapproché comme au port quotidien. Le mot katana finit par désigner ce sabre porté à la ceinture. Le récit complet, des sabres droits à l'édit Haitōrei, se trouve dans notre histoire du katana japonais.
Le tachi ne disparaît pas pour autant. Il conserve une place dans le cérémonial et parmi les offrandes aux sanctuaires, et l'on continue de monter des lames dans ce style pour les grandes occasions.
Quelles sont les différences concrètes entre un tachi et un katana ?
| Critère | Tachi | Katana |
|---|---|---|
| Port | Suspendu à la ceinture par deux attaches | Glissé dans la ceinture (obi) |
| Sens du tranchant | Vers le bas | Vers le haut |
| Période dominante | Fin de Heian, Kamakura | Muromachi, puis Edo |
| Contexte | Combat à cheval, en armure | Combat à pied, port quotidien |
| Courbure | En général marquée, plus creuse près de la poignée | En général plus régulière sur la longueur |
| Fourreau | Attaches de suspension (ashi), garnitures abondantes | Fourreau plus simple, avec un passant (kurikata) pour le sageo |
| Signature (mei) | Sur la face extérieure de la soie, sabre porté tranchant en bas | Sur la face extérieure, sabre porté tranchant en haut : donc l'autre face |
Ces critères décrivent des tendances, pas des règles absolues. Les longueurs se recoupent largement, et une même lame peut changer de catégorie selon la monture qu'on lui donne.

Comment reconnaître un tachi sur une lame nue ?
Sans monture, la question devient délicate. Les spécialistes regardent d'abord la signature. Elle est gravée sur le côté de la soie (nakago) qui fait face à l'extérieur quand le sabre est porté ; comme le tachi et le katana se portent tranchant inversé, leurs signatures se trouvent sur des faces opposées. On parle de tachi-mei et de katana-mei.
Ils observent ensuite la courbure. Beaucoup de tachi anciens présentent une courbure dite koshizori, dont le point le plus creux se situe près de la poignée, avec une lame qui s'affine nettement vers la pointe.
Dernière complication : de nombreux tachi ont été raccourcis plus tard par la soie, une opération appelée suriage, pour être remontés en katana. La signature disparaît alors parfois, et une lame née tachi se présente aujourd'hui comme un katana. Classer un sabre ancien relève donc d'un examen d'expert, pas d'un coup d'œil.
Que sont les modèles « Tachi » de la boutique ?
Deux katanas de la boutique portent ce mot dans leur nom : Kōyō Tachi et Akatsuki Tachi. Soyons précis : leurs fiches décrivent une monture de katana, avec tsuba, poignée tressée et fourreau, sans les attaches de suspension d'un vrai tachi. Le nom renvoie à l'esprit des sabres anciens et au soin du décor ; leur port, lui, reste celui d'un katana. Le tableau ci-dessous les compare à Akebono, un katana de facture classique.
| Caractéristique | Kōyō Tachi | Akatsuki Tachi | Akebono |
|---|---|---|---|
| Acier | damas | T10 | T10 |
| Hamon | oui | oui, midare | oui |
| Longueur de lame | 71 cm | 71 cm | 71 cm |
| Longueur totale | 103 cm | 103 cm | 103 cm |
| Poids | environ 1,35 kg | environ 1,35 kg | — |
| Affûtage | — | — | — |
| Prix | dès 510 € | dès 510 € | dès 250 € |
Les trois partagent les mêmes proportions de lame et de poignée : ce n'est pas la taille qui les sépare, mais l'acier et le décor. Kōyō Tachi associe une lame en acier damas avec hamon à une monture bordeaux et or, aux motifs floraux, en écho aux feuillages d'automne de son nom. Akatsuki Tachi utilise de l'acier T10 avec un hamon midare, aux ondulations irrégulières, une tsuba ornée de shishi et un fourreau en peau de raie noire. Akebono, en T10 lui aussi, garde une monture plus sobre en bois laqué.

Tachi ou katana : que choisir pour une collection ?
- Pour évoquer les guerriers à cheval de Kamakura : un modèle d'esprit tachi, au décor plus travaillé, raconte une période plus ancienne.
- Pour une pièce polyvalente : un katana classique, dont la monture est conçue pour le port à la ceinture, reste la référence. La collection de katanas permet de comparer les montures.
- Pour l'acier : le damas pour son motif visible, détaillé dans le guide du katana damas ; le T10 pour sa dureté et un hamon bien marqué, à voir dans la sélection T10.
- Pour une pratique encadrée : une lame en acier carbone avec soie traversante est en général le choix des pratiquants ; vérifiez auprès de votre club ou dojo avant toute coupe.
Dans le même dossier, lisez aussi Ōdachi et nodachi : guide du très grand sabre japonais, Naginata : histoire, usages et différence avec le nagamaki et Le ninjatō a-t-il existé ? Histoire et légende du sabre des ninjas.

Et l'ōdachi, le kodachi : de la même famille ?
Oui, le vocabulaire se décline à partir du même mot. L'ōdachi, littéralement « grand tachi », désigne les très longues lames de cette famille ; notre guide de l'ōdachi leur est consacré. Le kodachi, « petit tachi », désigne au contraire un sabre court monté à la manière d'un tachi. Sa longueur le rapproche du wakizashi, mais son port suspendu le rattache bien à la famille du tachi.











