En bref : Hattori Hanzō Masanari (1542-1596) est un samouraï réel, vassal de Tokugawa Ieyasu, connu pour ses talents de guerrier et pour avoir aidé son maître à traverser la province d'Iga en 1582. Le portrait d'un ninja invincible est une création de la fiction. Quant au sabre « Hattori Hanzō » de Kill Bill, il est inventé : aucun sabre historique ne porte ce nom.
Qui était vraiment Hattori Hanzō ?
Hanzō est un nom que plusieurs membres de la famille Hattori ont porté. Le plus célèbre est Hattori Hanzō Masanari, né en 1542 dans la province de Mikawa, au service de la maison Matsudaira, qui deviendra la maison Tokugawa. Son père, Hattori Yasunaga, avait des origines liées à la province d'Iga, mais la famille vivait en pays de Mikawa depuis une génération.
Les chroniques de l'époque le décrivent comme un guerrier compétent, particulièrement apprécié dans les attaques de nuit et au combat rapproché. Les récits ultérieurs lui attribuent le surnom d'« Hanzō le Démon » (Oni no Hanzō), en référence à sa réputation sur le champ de bataille. Il participe à plusieurs campagnes de Tokugawa Ieyasu, notamment dans les années 1560-1570. Il meurt en 1596, à Edo, selon la tradition, et est inhumé dans un temple de la ville.
Les pièces évoquées ici se trouvent dans la collection katana japonais : 199 modèles, de 190 € à 2 650 €.
Que s'est-il passé en 1582 dans la province d'Iga ?
En juin 1582, Oda Nobunaga est tué à Kyōto lors de l'incident du Honnō-ji. Tokugawa Ieyasu se trouve alors à Sakai, près d'Ōsaka, avec une petite escorte, en territoire dangereux. Il doit rentrer en toute hâte dans sa province de Mikawa. La route passe par le pays d'Iga, où des bandes locales s'en prennent aux voyageurs isolés.
La tradition fait de Hattori Hanzō l'organisateur de cette fuite : en s'appuyant sur ses liens avec des habitants d'Iga et de Kōka, il aurait garanti le passage de Ieyasu et de ses hommes. Cet épisode est généralement appelé la traversée d'Iga. Il est célèbre au Japon, et il a nourri des romans et des pièces de théâtre dès l'époque d'Edo, mais les détails (nombre d'hommes, rôle précis de Hanzō) varient selon les récits, et certains sont embellis après coup. Le fond du récit, lui, est admis : Ieyasu a bien dû son retour à une aide locale organisée.
Hattori Hanzō était-il un ninja ?
Pas au sens où la fiction l'entend. Hanzō était un samouraï, avec un fief et une fonction militaire. Il a pu commander des groupes d'hommes originaires d'Iga, que l'on associe aujourd'hui à la tradition des shinobi, espions et éclaireurs. Il est donc lié à ce monde, sans être le ninja vêtu de noir et armé de shurikens que l'on imagine.
Après sa mort, la famille Hattori conserve une influence : des hommes d'Iga sont employés à la garde de la porte du château d'Edo. Mais la dimension mythique du « chef des ninjas » est surtout apparue sous Edo, dans la littérature populaire, puis au XXe siècle dans les romans, films et mangas. Pour les armes liées à cette image, notre guide du ninjatō distingue histoire et légende.
| Ce que dit l'histoire | Ce que dit la légende |
|---|---|
| Samouraï vassal des Tokugawa | Chef suprême de tous les ninjas |
| Aide à la traversée d'Iga, 1582 | Évasion spectaculaire, agents invisibles |
| Combattant réputé dans les assauts | Maître invincible, pouvoirs surnaturels |
| Mort en 1596 | Parfois rapporté disparu, ou immortalisé en forgeron |

Pourquoi la porte Hanzōmon porte-t-elle son nom ?
À Tōkyō, la porte Hanzōmon se trouve à l'ouest du palais impérial, ancien château d'Edo. La station de métro voisine porte le même nom. On l'explique généralement par le fait que Hattori Hanzō, ou ses descendants, a eu sa résidence ou son poste de garde près de cette entrée, d'où l'appellation. Ce point est cohérent avec les plans d'Edo, mais comme souvent, la mémoire populaire a attaché la porte au nom le plus célèbre de la famille.

Qu'est-ce que le sabre « Hattori Hanzō » de Kill Bill ?
Dans Kill Bill (2003), le réalisateur américain Quentin Tarantino fait de Hattori Hanzō un forgeron retiré, devenu patron de restaurant, qui forge un sabre pour l'héroïne. C'est un personnage de fiction, inspiré d'un nom réel. L'historique Hanzō n'a pas été forgeron, et aucune lame du Japon ancien ne porte la mention « Hattori Hanzō » comme œuvre d'un sabrier connu.
Ce que l'on voit à l'écran est un katana de fiction à la lame très effilée, qui doit son aura au film plus qu'à un modèle historique. Beaucoup de personnes cherchent ce sabre en ligne ; ce qui existe est une réplique inspirée du film, destinée à la décoration. Notre collection de katanas rassemble des sabres de style japonais pour la collection, avec la précision de leurs matériaux.
Pour aller plus loin dans ce dossier : Onna bugeisha : les femmes guerrières du Japon féodal, Armure de samouraï : pièces, histoire et choix d'une réplique et Kendo, sport de combat japonais : règles, équipement et grades.
Où retrouve-t-on Hattori Hanzō dans la fiction ?
- Au cinéma : Kill Bill, bien sûr, mais aussi plusieurs films japonais sur les ninjas des années 1960-1980, qui le présentent comme un chef de clan.
- Dans les mangas et dessins animés : le personnage de Hattori Hanzō ou ses variantes y apparaissent, parfois avec des traits très éloignés de l'histoire.
- Dans les jeux vidéo : le nom revient dans des séries comme Samurai Warriors, Nioh ou Tenchu, avec une reprise libre du personnage ou du nom.
- Dans la culture populaire : « Hanzō » est devenu un nom évocateur, repris pour des héros ou des armes sans lien avec la personne.
Pour remettre ces personnages dans leur époque, l'article sur les samouraïs raconte les grandes périodes du Japon guerrier.











